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Erasmus+ : entretien avec Jérôme Mbiatong sur le projet MICEP

Publié le 1 février 2021

Premier partenariat stratégique européen coordonné par l’UPEC, MICEP s’est achevé fin décembre 2020. Bilan de l’expérience avec Jérôme Mbiatong, maître de conférences en sciences de l’éducation et responsable du projet.

Jérôme MBIATONG
Jérôme MBIATONG

Depuis 2012, Jérôme MBIATONG est maître de conférences en sciences de l’éducation et de la formation au sein de l’UFR SESS-STAPS. Il enseigne en 1er et 2e cycles. Membre du conseil du laboratoire LIRTES, ses travaux de recherche s’inscrivent dans le champ de la formation des adultes : construction des savoirs d'expérience, ingénierie des dispositifs de formation et d’accompagnement des professionnels, développement des compétences interculturelles.

QU’EST-CE QUE LE PROJET MICEP ?

MICEP (Mainstreaming Intercultural Competiencies into Education Project) est un projet Erasmus+ qui traite de l’innovation pédagogique dans le domaine de l’acquisition des compétences interculturelles.
Le partenariat rassemble trois établissements et deux ONG répartis dans trois pays : Eötvös Loránd University (Hongrie), Mary Immaculate College (Irlande), Elan interculturel (France), Artemisszió (Hongrie) et l’UPEC qui coordonne le projet.

Ce projet vise à sensibiliser et encourager les étudiants et les professionnels de l’enseignement, de la formation comme de l’action sociale à développer ces compétences de façon concrète. L’approche intégrative, qui associe connaissances, méthodes et savoir-faire, y tient une place prépondérante.
Initié en 2017, les activités se sont arrêtées fin décembre. Nous sommes à présent dans la phase de dissémination des résultats et de rédaction du rapport final.
 

QUELS ONT ÉTÉ LES APPORTS DU PROJET DANS LES ENSEIGNEMENTS ET DANS VOS ACTIVITÉS DE RECHERCHE ?

Les apports s’inscrivent aussi bien dans le cadre de la formation initiale que continue. Il a suffi de quelques échanges avec les partenaires pour que mes cours se transforment. Leurs contenus comme la façon de les animer se sont enrichis. Ce que je reçois des étudiants depuis est très encourageant. Ils sont plus motivés. Les collègues du département de SESS impliqués dans le projet partagent ce constat.

Nos nouvelles maquettes ont déjà profité de l’effet MICEP. Des productions du projet sur la structuration et le séquençage des cours sont intégrées dans les maquettes de Licence 3 et Master 1 en Science de l’éducation et dans celle du Master Pratique et ingénierie de la formation. Le travail consacré à la méthodologie de projet est aussi très utilisé par les étudiants.

Ce projet est une source d’inspiration pour mes cours comme pour mes travaux de recherche. Travailler en équipe a été très stimulant et enrichissant. Cela m’a donné l’opportunité de concrétiser ce que je m’évertuais à mettre en place seul. Ce projet était ambitieux et les participants très investis. Aujourd’hui, nous nous sentons en capacité de devenir développeurs de la mobilité et de la coopération européenne et internationale pour partager cette expertise avec d’autres.


COMMENT S’EST DÉROULÉE LA COLLABORATION AVEC LES PARTENAIRES ? EN INTERNE ?

Cela a renforcé la collaboration avec mes collègues enseignants et personnels administratifs au sein de la faculté de SESS-STAPS, en particulier au niveau du département de Sciences de l’éducation et de sciences sociales. Dans un partenariat stratégique Erasmus+, il y a l’objectif de partager et transférer des savoir-faire. S’engager dans ce type de projet est une façon de perfectionner nos pratiques tout en les comparant à celles d’autres pays. Les échanges avec les partenaires sont une source d’inspiration pour faire émerger des pratiques innovantes. Certes tout ne se passe pas toujours exactement comme on le voudrait, mais au final, c’est l’envie de poursuivre la collaboration sous d’autres formes qui subsiste.


QUELS SONT LES PRINCIPAUX CHALLENGES SUR CE TYPE DE PROJET ?

Le véritable challenge est lié à la nature transversale et transnationale de ce type de projet. Il implique plusieurs services et interlocuteurs avec des modes de fonctionnement différents. Chez les partenaires, cela peut entraîner des incompréhensions et des inquiétudes qu’il faut dissiper au plus vite. La stabilité des personnes impliquées dans le projet est aussi très importante pour son bon déroulement. C’est une donnée difficile à maîtriser d’où l’intérêt de documenter les avancées pour conserver l’historique.


DES CONSEILS POUR LES COLLÈGUES QUI SOUHAITERAIENT SE LANCER ?

Les projets Erasmus+ sont encore souvent perçus comme difficiles à gérer et avec des règles budgétaires contraignantes, mais c’est une idée préconçue. Le cadre est plus souple qu’on ne l’imagine. Les supports d’accompagnement sont clairs. L'important est surtout d’être organisé et structuré.

Le cadre Erasmus+ engage l’université, il implique de se mettre en mode projet et d’aller au bout de ses ambitions. C’est la possibilité de travailler avec des collègues à l’étranger sur un même sujet, de solliciter une expertise dans un domaine que nous ne maîtrisons pas ou que partiellement. Être au clair sur le contenu ne suffit pas, il est nécessaire de s’investir dans la préparation du projet très en amont : faire une analyse des besoins, prendre le temps de comprendre le fonctionnement, informer sur le projet en interne, le planifier… Les interlocuteurs Erasmus+ et des relations internationales, tant au niveau de la faculté de SESS-STAPS que des services centraux avec lesquels j’ai échangé durant le projet se sont toujours montrés intéressés, accessibles et orientés solution.

Avoir l’anglais comme langue de travail commune reste malheureusement encore un frein pour beaucoup. Il ne faut pas renoncer pour autant, l’essentiel est de se comprendre et non d’afficher un anglais parfait. D’ailleurs, la plupart des consortiums sont plurilingues. Je dis souvent à mes collègues qu’ils pourront faire ce qu’ils font déjà, mais avec un financement, du soutien et de façon collaborative.